1  Déplacement généralisé

NoteDéfinition d’une poutre

On appelle poutre le solide engendré par une surface plane \(S\) dont le centre de gravité décrit une courbe \(\gamma\), la surface \(S\) restant normale à cette courbe, avec :

  • La courbe \(\gamma\) est appelée ligne moyenne ou fibre moyenne

  • La surface \(S\) est appelée section normale

  • Le rayon de courbure en tout point de \(\gamma\) doit être grand par rapport aux dimensions de \(S\)

  • Les dimensions de \(S\) sont négligeables devant la longueur de la courbe \(\gamma\)

  • Les variations de forme et de dimension de \(S\) doivent être progressives

Considérons, afin de simplifier les illustrations, une poutre rectiligne de section droite constante \(S_0\) et de longueur \(L_0\) dans la configuration de référence. À cette configuration de référence on associe le repère orthonormé direct \(\left( O,\overrightarrow { e}_1,\overrightarrow {e}_2,\overrightarrow {e}_3 \right)\), tel que :

Figure 1.1: Poutre non déformée - notations

Comme illustré Figure 1.1, on note \(S(X_1)\) la section droite d’abscisse \(X_1\). Dans la configuration déformée (Figure 1.2), on définit

Figure 1.2: Poutre déformée: notations

On notera \(\overrightarrow {u}(\overrightarrow {X})\; = \;\overrightarrow {u}(X_1,X_2,X_3)\) le déplacement de la particule \(\overrightarrow {X}\), et \(\overrightarrow {u}^f(X_1)\) celui de la particule située sur la fibre moyenne.

Le caractère linéique de la géométrie des poutres fait qu’on s’attend à ce que les phénomènes prépondérants soient essentiellement longitudinaux. On ne s’intéressera donc pas aux déformations de sections droites. On énonce alors les hypothèses de Bernouilli :

ImportantHypothèses de Bernouilli
  • (i) Les sections droites restent planes

  • (ii) Les sections droites se déforment librement dans leur plan

  • (iii) La variation des déformations de la section le long de la poutre est très petite

Remarques :

\[ \forall \; \overrightarrow {X} \; \in \; S(X_1) \quad \overrightarrow {u}(\overrightarrow {X}) \; = \; \overrightarrow {u}^f(X_1) \; + \overrightarrow {\omega} (X_1) \wedge \overrightarrow {X_1 X} \; + {v_2}(\overrightarrow {X})\; \overrightarrow {E}_2(X_1) \; + {v_3}(\overrightarrow {X})\; \overrightarrow {E}_3(X_1) \tag{1.1}\]

L’hypothèse des petites perturbations entraîne que les composantes \(u^f_i\), \(v_i\) et \(ω_i\) sont petites, ainsi que leurs dérivées; ceci implique que \(\overrightarrow {E}_2(X_1)\) est de la forme \(\overrightarrow {e}_2 + \overrightarrow {\eta}\)\(\overrightarrow {\eta}\) est très petit, ainsi que \(\overrightarrow {E}_3(X_1)\).

Si bien que, si on explicite (Equation 1.1) dans la base \((\overrightarrow {e}_1,\overrightarrow {e}_2, \overrightarrow {e}_3)\) en ne retenant que les termes d’ordre 1, on obtient :

ImportantDéplacement généralisé

\[ \forall \; \overrightarrow {X} \; \in \; S(X_1) \quad \overrightarrow {u}(\overrightarrow {X})\; = \; \left\{ \begin{array}{l} {u_1}^f(X_1) \; + \; \omega_2(X_1)\;X_3\; - \; \omega_3(X_1)\;{X_2} \\ {u_2}^f(X_1) \; - \; \omega_1(X_1)\;X_3\; + \;v_2(\overrightarrow {X}) \\ {u_3}^f(X_1) \; + \; \omega_1(X_1)\;X_2\; + \;v_3(\overrightarrow {X}) \end{array} \right\} \tag{1.2}\] On appelle \(\left( \overrightarrow {u}^f(X_1),\overrightarrow {\omega}(X_1)\right)\) le déplacement généralisé de la poutre en \(X_1\).

On remarque alors, en ne retenant que les termes d’ordre \(1\) :

Par contre,

\[\left(\overline{\overline F} (X_1,0,0)\overrightarrow {e}_1 \right) \cdot \left(\overline{\overline F} (X_1)\overrightarrow {e}_2 \right) \; \approx \; u_{2,1}(X_1) \; - \; \omega_3(X_1) + \cdots \]

\[\left(\overline{\overline F} (X_1,0,0)\overrightarrow {e}_1 \right) \cdot \left(\overline{\overline F} (X_1)\overrightarrow {e}_3 \right) \; \approx \; u_{3,1}(X_1) \; + \; \omega_2(X_1) + \cdots \]

ImportantRemarque

Donc en général la déformée d’une section droite n’est pas, au second ordre près, orthogonale à la déformée de la fibre moyenne.